Poésie-Coquelicot Paroles de Charles Trenet


COQUELICOT
Paroles de Charles Trenet – Musique de Charles Trenet et Albert Lasry
© 1948 – Raoul Breton

***
Coqu’licot, coqu’licot,
Fleur des champs, coeur sauvage
Coeur en fleur du bel âge,
Coeur des champs, pas méchant.
Coqu’licot dans les blés,
Au soleil de la vie,
Rougissante et ravie,
Ta p’tite âme me plaît.
Parfois, tout comm’ moi,
Tu suis les rails d’un train,
D’un train qui n’pass’ plus
Merveilleux ch’min plein d’entrain
Le chemin des beaux jours,
Du ciel bleu, des vacances,
Des poèmes, des romances.
Coqu’licot d’amour.

***
Je m’souviens de Margot,
Je m’souviens de Jeannette,
Coqu’licots ou bleuettes
Je m’souviens mêm’très bien
De Suzon, de Mado.
Blondinettes ou brunettes,
Et j’entends dans ma tête
L’écho d’nos bécots.
Chacune fut exquise,
(J’leur ai conté fleurette)
Chacune fut éprise
De ma petite chansonnette.
Coqu’licots des faubourgs,
Des banlieues ou des villes,
Qui choisir entr’ cent mille
Coqu’licots d’amour.

***
Coqu’licot, coqu’licot.
Fleur des champs, coeur sauvage,
Coeur en fleur du bel âge,
Coeur des champs, pas méchant,
Troubadour des talus,
Vagabond des prairies,
Liberté de la vie,
Coqu’licot élu.
Bien mieux qu’un’ fleur snob,
Qu’une orchidée, « ma chère! »
Chérie! sur ta robe
N’est-c’ pas, c’est lui qu’tu préfères?
Coqu’licot des beaux jours,
Du soleil, des vacances,
Coeur ardent de la France,
Coqu’licot d’amour.

Dans le jardin

Dans le jardin

Dans le jardin de mon cœur se trouve une fleur,
Celle d’un monde où il n’y a que toi qui a accès
Je t’en ai donné la clé, pour n’y trouver que la douceur

Dans le jardin de mon cœur se trouve un pétale
Il s’offre sans vergogne à tes mains et leur ferveur
Tu en caresses lentement, toute la moiteur

Dans le jardin d’une orchidée, tu t’es aventuré
Elle s’est offerte à ta bouche sensuelle
S’égarant, dans les sillons de dentelle

Dans le jardin démesuré de la passion des sens
La demoiselle n’a pu que savourer cette dureté
Que tu lui tends, parcours passionné, sauvage
Où des jardins emmêlés, des amants pas très sage
Se sont abandonnés à la félicité.

© pétale 22-03-2013 (brindille33-filamots)

Chuchotements (Kettly Mars)

Un poème d’un auteur que je ne connais pas.
Voici un lien : https://www.babelio.com/auteur/Kettly-Mars/92532
Ce que je préfère : « entre deux soleils
refaire tous les chemins
traverser tes pôles
en passant par ton milieu
m’enfouir dans ton extrême »

Arbrealettres


Francis Picabia -   (3)

Chuchotements

je n’ai rien à vous dire
voulez-vous m’aimer?

je n’ai rien à vous dire
et si on se faisait plaisir?
caresses au crépuscule
gémissements de brise
extases musquées
et si on s’aimait d’amours fulgurantes?

*

même les carreaux ont eu froid
sur le sol que martelaient nos pas
entre deux battements de sang
dorment des frissons

ce qui meurt
renaît à chaque instant
l’éternité est le silence
entre deux battements de vie

*

entre deux soleils
refaire tous les chemins
traverser tes pôles
en passant par ton milieu
m’enfouir dans ton extrême

je t’aperçois
entre deux battements de cils
étendard au vent
dans la poussière des piaffements
les hennissements de ton sang
je te fais de grands signes
le vent ramène nos histoires parallèles

(Kettly Mars)

Illustration: Francis Picabia

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La jeune Muse était fidèle (Vassili Joukovski)

Une jeune muse fidèle. Oui oui, c’est tout à fait cela de la part de cet auteur via ce blog ou site bien connu des personnes qui passent par ici 🙂 Je ne suis plus jeune, mais je reste une muse aussi bien vivante dans le domaine de l’écrit, de la poésie. 🙂

Arbrealettres


Illustration: Rafal Olbinski

La jeune Muse était fidèle
Et me suivait de lieu en lieu.
L’inspiration, toujours nouvelle,
Volait à moi du haut des cieux.
Elle animait de sa lumière
Tous les visages de la vie,
Je lui vouais ma vie entière :
Vivre était vivre en poésie.

Or, aujourd’hui je sens l’absence
De l’être qui m’offrait ces chants,
La harpe dort dans le silence,
Le cœur est lourd et somnolent.
De moi espoir et de mon aide
Saurai-je attendre le retour ;
Ma perte est-elle sans remède,
La voix éteinte pour toujours?

Pourtant, ce que des temps magiques
J’ai su garder jusqu’aujourd’hui,
Les clairs, les sombres, les uniques
Instants vivants des jours enfuis,
Les heurs des songes solitaires,
Sublimes de fragilité,
Je te les offre et te vénère,
O pur génie de la beauté !

Je ne sais pas pour quelle aurore
Peut revenir la poésie,
Mais ton étoile…

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Poésie : Passants

Bordeaux – fête du vin juin 2018 – clic sur l’image pour l’agrandir

 

Il n’est pas vrai qu’on soit orgueilleux d’aimer tant,
Et que d’un oeil d’aigle on regarde
Les passants affairés, indifférents, contents,
Noyés de lumière blafarde.

Il n’est pas vrai qu’un grave et poignardant amour
Isole noblement le rêve;
Nul ne dit les combats dont l’assaille sans trêve
Le désir, conflit sombre et sourd !

Il n’est pas vrai que l’âme altière et transportée
Bénisse son cruel fardeau.
Même si l’on paraît éblouie et hantée,
L’on ne vit qu’en courbant le dos.

Comment se réjouir d’avoir livré sa chance
À l’étranger vague et secret
Qui, selon sa rieuse ou grave nonchalance,
Nous emmêle à son sort distrait ?
– Ah! pouvoir n’aimer pas celui qu’on aime ! N’être
Pas l’esclave d’un beau vivant !
Vivre libre, espérer, choisir, vouloir, connaître !
Fendre l’azur comme le vent !

Ne pas être liée avec de durs cordages,
Secs et fermés comme des poings,
Au charme inévitable et fortuit d’un visage,
Qu’on eût pu ne rencontrer point !

N’avoir pas transféré sa digne solitude,
Unique et nombreuse à la fois,
Dans un corps dont les yeux, la voix, la lassitude
Semblent sacrés ou bien narquois !

Ne pas être obligée à constater sans cesse
Que rien ne nous est plus soumis,
Et que, ne nous laissant qu’une atroce paresse,
Notre coeur bat dans l’ennemi !…

Anna de Brancovan, comtesse de Noailles

L’armée des façades (Georges Bonnet)

Parce que le poème est beau, et parce qu’il est écrit à l’arrière de l’illustration est tellement vraie. Je conseille d’aller chez notre semeur de mots et lire aussi ce qu’Anne Murat écrit à propos de la nature. Merci. 🙂

Arbrealettres


herbe-x

L’armée des façades
Les toits en quête d’oiseaux

Des volets clos
aux couleurs difficiles

La vie entre deux pavés
dans un brin d’herbe

(Georges Bonnet)

 Illustration

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La houle

Charente-Maritime – Saint-Palais

 

La houle

J’aimerais naviguer avec toi sur la houle
Celle qui nous entraîne loin de la foule.
Nos caresses, nos baisers, notre monde.
Vient donne-moi la main, dans cette ronde.

Où nous perdons pieds, hors de toute réalité
Nos corps l’un près de l’autre accolés
S’embrasent, se lovent, s’enroulent
Dans le creux des vagues de la houle.

Nos mains s’égarent éperdus et heureux
De sentir ce désir couler entre nos doigts
Les miens caressant avec délice ce mat
Tendu vers l’ultime plaisir, en faire notre loi.

© G.Ecrits août 2011

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Je n’ai pas à me sentir ivre (Eugène Guillevic)

J’aime Eugène Guillevic poète. Merci à arbrealettres pour tous ces trésors à découvrir sans modération. 🙂

Arbrealettres




Je n’ai pas à me sentir ivre
Pour être en communion
Avec toi, l’étendue, avec
Ce que tu contiens.

Il me suffit
De toi et de moi,
Il me suffit de nous,

Tels que nous sommes,
Ivres seulement d’exister
Toi et moi

Et de sentir
Entre nous passer
Ce courant qui n’en finit pas,
De le retrouver

Chaque fois que je t’approche —
Et même quand je suis loin.

(Eugène Guillevic)

Recueil: Possibles futurs
Traduction:
Editions: Gallimard

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Bordeaux rive droite – Poesie – Jean de la Ville de Mirmont


I

Je suis né dans un port et depuis mon enfance
J’ai vu passer par là des pays bien divers.
Attentif à la brise et toujours en partance,
Mon cœur n’a jamais pris le chemin de la mer.

Je connais tous les noms des agrès et des mâts,
La nostalgie et les jurons des capitaines,
Le tonnage et le fret des vaisseaux qui reviennent
Et le sort des vaisseaux qui ne reviendront pas.

Je présume le temps qu’il fera dès l’aurore,
La vitesse du vent et l’orage certain,
Car mon âme est un peu celle des sémaphores,
Des balises, leurs sœurs, et des phares éteints.

Les ports ont un parfum dangereux pour les hommes
Et si mon cœur est faible et las devant l’effort,
S’il préfère dormir dans de lointains arômes,
Mon
Dieu, vous le vouliez, je suis né dans un port.

II

Par l’appel souriant de sa claire étendue
Et les feux agités de ses miroirs dansants,
La mer, magicienne éblouissante et nue,
Éveille aux grands espoirs les cœurs adolescents.

Pour tenter de la fuir leur effort est stérile ;
Les moins aventureux deviennent ses amants,
Et, dès lors, un regret éternel les exile,
Car l’on ne guérit point de ses embrassements.

C’est elle, la première, en ouvrant sa ceinture
D’écume, qui m’offrit son amour dangereux
Dont mon âme a gardé pour toujours la brûlure
Et dont j’ai conservé le reflet dans mes yeux.

V

Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte ;
Le dernier de vous tous est parti sur la mer.
Le couchant emporta tant de voiles ouvertes
Que ce port et mon cœur sont à jamais déserts.

La mer vous a rendus à votre destinée,
Au-delà du rivage où s’arrêtent nos pas.
Nous ne pouvions garder vos âmes enchaînées ;
Il vous faut des lointains que je ne connais pas.

Je suis de ceux dont les désirs sont sur la terre.
Le souffle qui vous grise emplit mon cœur d’effroi,
Mais votre appel, au fond des soirs, me désespère,
Car j’ai de grands départs inassouvis en moi.

Jean de La Ville de Mirmont (L’Horizon Chimérique)

Sources : Moteur de recherche

En connaître davantage sur ce Bordelais, poète trop tôt disparu voir ici :

ICI

Jusqu’à dix


Jusqu’à dix.

Une minute
Ce que tu m’as écrit, tu me l’as dit oralement. Voilà que les mots devenaient de la 3D, ère numérique oblige.
Je n’ironise pas, je souris à mes galipettes mentales. Ta voix est douce, presque timide comme la mienne. Et je visualise tes photos.

Deux …..
Tu as des lèvres toutes fines comme les miennes et dans cette finesse, elles cachent ce qu’à la fois je sais et je ne sais pas. C’est là où rentre la magie de ce que nous échangeons.
Je souhaite que cela reste ainsi toi et moi. Ne rien abîmer surtout. Je compte sur nous pour cela.
C’est la raison qui parle là, je le sais, et je te souris tendrement, mon cœur explose là, des mots que je n’ose dire.

Trois …..
Je t’ai écouté, mais pas assez, j’ai encore trop parlé. Pas trop le temps. Celui là il s’évapore comme l’eau de la rosée sur les pétales d’une fleur sous les rayons du soleil.
Quant à mes pensées, peut être les tiennes aussi, de la passionnée que je suis, il valait mieux ne rien dire,surtout pas. L’écrire oui. Les mots auraient pu être trop forts, te faire fuir, ou te faire rougir.

Quatre ……
Et pourtant, de part et d’autre nous pouvons être aussi timides l’un que l’autre, je l’ai entendu et ressenti. Oui c’est surprenant n’est-ce pas et contradictoire de t’écrire que je pourrais être timide. Et pourtant j’ai ressenti ta retenue, suspendue à ton souffle aussi.

Cinq ……
Mon cœur s’est mis à battre lorsque tu m’as murmuré quelques paroles douces rien qu’à nous deux.
Je t’ai parlé de nos jouissances solitaires et celles que tu m’as écrites à maintes reprises, distance oblige, m’ont aussi donné envie là en pleine rue.
Adossée contre les pierres glaciales de la façade d’un immeuble classé, dans ce silence environnant, j’ai écouté la musique de ton cœur qui s’accordait avec la mienne.

Six ……
Quelques banalités aussi, la pluie, le travail, le temps qu’il fait. J’ai fermé les yeux, et j’ai plongé dans la douceur et le cocon de ce que nous vivions au moment présent.
Tant de mots échangés si érotiques et excitants depuis si longtemps.

Sept …..
Je suis si fière de ce que nous réalisons ensemble. Que tu m’accompagnes dans nos délires communs, ces échanges exceptionnels au-delà de tout.
Cette lettre ci venant s’ajouter à la multitude de toutes les autres déjà écrites et envoyées.
Heureusement que le facteur ne traîne pas et que nous vivons à l’ère électronique en temps réel. Etrange comme expression, comme si le temps n’était pas réel.

Huit …..
Je suis fière de garder avec toi la tête sur les épaules, de rester réaliste, car tu es quelqu’un de sage, même si lors de cet échange nous étions en équilibre sur le fil. Il a fallu garder cet équilibre,c’était trop important aussi bien pour toi que pour moi.

Neuf ……
Nous étions tous les deux tout en retenue contenue. Il y avait du soleil, ensemble sur ce fil conducteur, seul lien, dans cette ruelle. Aucune voiture, le monde pour nous deux, rien que là en ce moment.

Dix …..
Je t’embrasse, sur la joue, sur le front, sur le bout du nez. Si tu étais devant moi, c’est ce que je ferais, les yeux tout pétillants en souriant. Si tu oses me prendre dans tes bras, c’est autre chose. Mais non, non, tu serais trop intimidé. Là je nous rassure.
Bien que les pensées partent en vrille, mon ventre se crispe, et les mots deviendraient bien plus brûlants, torrides, les envies venant de nos fantasmes maintes fois exprimés ensemble.

Il est temps de terminer.

Clac.

Ce fut intense, magnifique. Le mois de mai est propice à de beaux instants qui peuvent se compter de un à dix en temps sur mon portable dans ma main qui tremble encore d’émotion.

© G. Oppenhuis - Mai 2011 (aussi pubié sous  Mantille - Petale) :)

La dernière rose de l’été par James Galway (poème Thomas Moore)


Adaptation de l’air traditionnel irlandais « The groves of Blarney ». – Poème et adaptation musicale de Thomas Moore
Fait partie du recueil « Irish melodies » (1813)
Nombreuses adaptations dont « Letzte Rose », air du deuxième acte de « Martha » de Friedrich von Flotow

La dernière rose de l’été (traduction de Karl Petit)

C’est la dernière rose de l’été
Abandonnée en fleur ;
Toutes ces belles compagnes,
Sans retour sont fanées ;
Plus de fleur de sa parenté
Plus de boutons de rose à l’article de la mort
Pour réfléchir ses rougeurs,
Et rendre soupir pour soupir.

Je te laisserai point chère solitaire,
Languir sur ta tige ;
Puisque sommeillent tes sœurs
Va donc les rejoindre.
Et par sympathie, je répandrai
Tes feuilles sur le sol
Où tes compagnes de jardin
Gisent mortes et sans parfum.

Puissé-je te suivre bientôt
Lorsque l’amitié s’émoussera
Et que du cercle magique de l’amour
Les gemmes se détacheront ;
Quand les cœurs fidèles ne palpiteront plus
Et que les êtres aimés auront disparu,
Oh ! qui donc voudrait habiter seul
En ce monde désert !

Thomas Moore (« Mélodies irlandaises », 1807-1834)
Sources pour le poème : ICI

Le creux de tes bras

J’aimerais tellement m’enrouler dans le creux de tes bras
Me loverais ainsi rien que pour renifler ton odeur.
J’aimerais tellement plonger, et ceci pendant des heures
Dans l’espace de tes yeux, y voir notre futur repas.

Celui de nos étreintes, celui de nos soupirs, de nos désirs
Je sentirais ton souffle dans mon cou, et entendrais les mots
Murmurés dans les sillons de mon oreille, une ardeur, un flot
De sensualité, de volupté, d’égarements futurs, dans le plaisir.

Tes mains glisseraient autour de mes hanches, de ma taille,
Se feraient douces et fermes autour de mon cœur
Je me plierais à cette invitation, ne livrant aucune bataille.
Laissant sur nos lèvres la couleur d’un désir enjôleur.
© G. Ecrits 25-04-2017